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Robotique collaborative : une filière

Alors que les grands fabricants de la robotique commencent à s’intéresser aux robots collaboratifs, plusieurs start-ups voient le jour. Une opportunité pour la France et sa force d’innovation.

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© FESTO

Selon la DGE (Direction Générale des Entreprises), « la robotique collaborative est un marché en devenir qui présente un potentiel très important dans bon nombre de secteurs industriels et artisanaux mais aussi dans le domaine médical et de l’assistance à la personne. La France peut prendre une part importante sur ce marché comptetenu de son potentiel d’innovation tant sur les aspects matériels que logiciels de cette nouvelle forme de robotique et s’appuyer sur son réseau d’intégrateurs pour multiplier les expérimentations de déploiement. » Si bien que Philippe Lubineau, directeur de la recherche et des programmes du Cetim pense que « le déploiement de la robotique collaborative dans notre pays, permettra à nos offreurs de solutions de disposer d’une base nationale solide pour mieux exporter leurs produits. » Président d’Isybot, une start-up née d’un essaimage du CEA List, Yvan Measson partage l’avis de la DGE dans sa prospective sur les technologies clés 2020. « Les Français sont en avance sur la robotique collaborative », estime-t-il. Staubli, ABB, Universal Robot, Fanuc, Comau… tous les grands industriels du secteur travaillent sur le sujet. Mais des start-ups se positionnent également sur le marché, comme Isybot. « Nous concevons des robots intuitifs et interactifs qui partagent la tâche de l’opérateur, avec l’objectif de maximiser le rapport temps d’utilisation/temps de programmation », explique Yvan Measson qui connaît bien le sujet pour avoir été chef du laboratoire cobotique du CEA List. Par exemple, pour une opération de ponçage, il suffit de désigner une surface en 2 clics, pour que le robot entre en action. Isybot travaille aujourd’hui en partenariat avec Sarrazin Technologies, une société qui a développé un manipulateur intelligent proche d’un robot, sur la fabrication et le contrôle commande de leurs produits respectifs.

« Nous concevons des robots intuitifs et interactifs qui partagent la tâche de l’opérateur, avec l’objectif de maximiser le rapport temps d’utilisation/temps de programmation ».

Yves Measson, Président d’Isybot

L’EXPLOITATION DES BREVETS DU CEA LIST

Une singularité française : au-delà de la création de start-ups, les brevets du CEA List ont permis la création de plusieurs produits chez trois industriels : Sarrazin Technologie, Haption (systèmes à retour d’effort) et RB3D. Connue pour Hercule, son projet d’exosquelette, cette dernière société propose également des solutions d’ébavurage et d’assistance au geste. Une autre start-up, MIP Robotics, se positionne sur le marché des PME. « Le dialogue avec les chefs d’entreprise m’a fait comprendre qu’ils hésitaient à robotiser leur production pour trois raisons : le coût, la complexité d’utilisation et d’installation », analyse Gonzague Gridel, le fondateur de MIP Robotics, qui compte six salariés. De cette analyse est né Junior, un robot collaboratif à 8 000 euros, capable d’effectuer des tâches répétitives simples et destiné essentiellement aux PME et aux laboratoires de recherche. Au bout du bras de ce robot quatre axes, on peut implanter des ventouses pour de la manutention, une caméra pour du contrôle, une sonde pour des mesures, etc. À chaque application son outil.

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