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Robotique collaborative : des enjeux

Parce qu’il effectue des tâches pénibles et répétitives, le robot collaboratif laisse à l’opérateur le travail à haute valeur ajoutée. Et ce, en toute sécurité. Un facteur clé de la compétitivité et d’emploi. 

LA ROBOTIQUE COLLABORATIVE ET LA COMPÉTITIVITÉ

Pour continuer à produire en France, il faut améliorer la compétitivité des entreprises. La robotique collaborative en est levier. Elle permet aux entreprises de s’ouvrir à de nouveaux marchés tout en continuant à produire dans l’Hexagone. Un robot collaboratif se définit comme travaillant en interaction avec l’être humain dans le même espace, alors que le robot classique est, lui, enfermé dans un espace protégé de production. Ses principaux atouts : il occupe peu d’espace ; il est rapidement et facilement programmable ; il est aisément déplaçable dans un atelier. On peut donc « monter en cadence et changer très vite de série, indique Philippe Lubineau, directeur de la recherche et des programmes du Cetim. Ce qui redonne de la capacité de production à l’entreprise et permet de redéployer les opérateurs sur des tâches à plus forte valeur ajoutée. D’autant que l’arrivée de ces robots plus abordables et facilement programmables ouvre le champ des applications. »

Dès 2012, dans son Pacte pour la compétitivité de l’Industrie française, Louis Gallois, alors Commissaire général à l’Investissement, prévenait : « La productivité globale des facteurs n’a pas progressé en France au cours de la dernière décennie du fait de l’insuffisance d’investissements de productivité et d’innovation dans le processus de production. Le train de la robotique collaborative n’attendra pas ! » Les auteurs du Manifeste pour l’investissement productif du Symop (Syndicat des machines et technologies de production) affirment également que « l’ensemble des experts s’accorde à dire que la France est passée à côté de la transformation industrielle que constitue la robotique initiée dans les années 1990. Un sous-investissement qui pèse encore au quotidien dans les entreprises. » Les chiffres de l’International Federation of Robotics sont d’ailleurs éclairants : avec 125 robots pour Le « Guide pratique de l’Usine du Futur » distingue trois familles de robots collaboratifs : Trois familles 10 000 salariés de l’industrie, la France est devancée par des pays comme l’Espagne (141), Taïwan (142), les États-Unis (152), le Danemark (166), la Belgique (169), l’Italie (170), la Suède (174), l’Allemagne (282), le Japon (323) et la Corée du Sud (437). « Nous devons tirer les enseignements de cette expérience et profiter de la nouvelle opportunité que représentent les applications robotisées collaboratives, insiste Constant Bernard, Président du Symop. Pour les PME, c’est un moyen de développer leur marché et de redéployer les opérateurs sur des tâches à valeur ajoutée. » La compétitivité, voilà la vraie clé de l’emploi.

LA ROBOTIQUE COLLABORATIVE ET L’INDUSTRIE DU FUTUR

La robotique collaborative fait partie des dix technologies identifiées comme clés dans le « Guide pratique de l’Usine du Futur ». « Le robot collaboratif apporte précision, endurance et effort là où l’opérateur capitalise expertise, intelligence et décision », précise le guide. Outre son apport à la productivité, à la compétitivité et à la qualité du fait de sa capacité à répéter le même geste, le robot collaboratif illustre parfaitement la place centrale qu’occupe l’être humain dans l’Industrie du Futur. « Il donne l’opportunité aux salariés de mieux utiliser leur intelligence individuelle et collective, pour prendre des initiatives et effectuer du travail qui apporte une réelle valeur ajoutée », indique Philippe Contet, directeur général de la FIM. Elle a un impact direct sur la montée en compétences des opérateurs, ainsi que sur leurs conditions de travail et sur l’ergonomie des postes.

LE ROBOT COLLABORATIF ET LA SÉCURITÉ

Le cadre réglementaire actuel permet de faire travailler dans un même espace un opérateur et un robot collaboratif. Suppression des arêtes tranchantes, angles arrondis, etc. Le design du robot est conçu pour qu’il puisse œuvrer dans un environnement commun avec l’être humain. De même, les vitesses de travail sont réduites par rapport aux robots classiques. Comme tout équipement industriel, le robot collaboratif doit respecter la directive machines. « La norme NF EN ISO 10218, qui régit la sécurité des robots et des systèmes robotiques,vaut présomption de conformité à cette directive, explique Vincent Verneyre, chef de secteur à l’UNM (Union de Normalisation de la Mécanique). Elle comprend deux parties : l’une qui s’applique au robot nu livré par le fabricant, l’autre à l’application elle-même réalisée par l’intégrateur. » Surtout, la réglementation impose une analyse de risque. Les enjeux de sécurité ne sont pas les mêmes pour un robot équipé d’un outil tranchant que pour celui chargé de palettiser des petites pièces. C’est donc au concepteur de l’îlot robotisé d’analyser les risques potentiels et de trouver les parades. Et ce, à chaque changement d’utilisation du robot collaboratif.

LA ROBOTIQUE COLLABORATIVE ET LA NORMALISATION

Les normes générales sur la robotique intègrent des éléments spécifiques sur la robotique collaborative,notamment en matière de sécurité (voir précédemment). La robotique fait partie des quatre priorités du groupe de travail « Normalisation » de l’Alliance Industrie du Futur. « La commission UNM 81 « Robots et composants robotiques » travaille à clarifier le vocabulaire pour distinguer la robotique collaborative, l’exosquelette et la cobotique, précise Vincent Verneyre. Elle abordera ensuite les normes de sécurité, de performance et de méthodes d’essais. » En complément, un document normatif de l’ISO fournit notamment des recommandations sur le traitement des risques de contact entre l’opérateur et le robot en fonctionnement.

« Le robot doit être au service de l’humain »

« C’est sur ce principe que le groupe de travail a rédigé le rapport sur la robotique et ses incidences, pour permettre une interaction et une cohabitation harmonieuse entre le robot et l’être humain. Au moment où l’intelligence artificielle rend les robots de plus en plus autonomes, ces derniers doivent faciliter le travail, sans pour autant réduire les relations entre humains. » Tel est le point de vue de Mady Delvaux, Parlementaire européenne du Luxembourg, rapporteure du projet de rapport contenant des recommandations concernant des règles de droit civil sur la robotique. Des travaux ont été initiés au Parlement européen il y a bientôt deux années, sur les systèmes autonomes (automobiles, robots, etc.). Le Parlement vient de voter le rapport de Mady Delvaux qui doit être transmis à la Commission européenne.

 

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